Front National : l’élection de trop pour Jean-Marie Le Pen
En 2002, il créait la surprise en se qualifiant pour le deuxième tour de l’élection présidentielle avec 16,86% des voix. Ce dimanche, 10,51% des Français votaient en sa faveur, renvoyant Jean-Marie Le Pen 20 ans en arrière…
Deux jours avant le premier tour, un dernier sondage publié par l’institut CSA voyait le candidat Le Pen prendre la place de troisième homme avec 16,5% des voix. 48 heures plus tard, on était soulagé.
Que s’est-il passé ? Après le second tour de 2002, ceux qui avaient alors voté pour lui se sont rendus compte que Jean-Marie Le Pen ne pourrait jamais être président. Les électeurs qui avaient utilisé le bulletin “Le Pen” comme vote contestataire (c’est-à-dire, sans adhérer à ses idées) n’ont ainsi pas renouvelé l’expérience cette fois-ci. 2002 était son coup d’éclat, 2007 son coup d’arrêt.
Alors bien sûr un FN à 10% ça redonne le sourire après les deux décennies de montée en puissance et de menace de l’extrême-droite. Pourtant, une question troublante vient troubler les réjouissances : où sont allés les électeurs du FN ? et surtout pourquoi ? Et bien Nicolas Sarkozy - c’est le moins qu’on puisse dire - a réussi son opération séduction. C’est louable de vouloir ramener les électeurs du Front National dans le schéma républicain de la droite traditionnelle, cela devient franchement répugnant si la méthode utilisée consiste à reprendre les idées de l’extrême-droite.
Car au final, les thèmes qui étaient l’apanage du FN, et surtout leur angle de considération, sont à présent entrés dans le jeu politique d’un parti républicain emmené par celui qui a de grandes chances d’être élu Président de la République dans quelques jours.
Le FN dépossédé des thèmes qui faisaient son succès, que lui reste-t-il ? Quel avenir pour le parti et son chef ?
Jean-Marie Le Pen vient d’essuyer un grave échec, et du côté des cadres du parti, beaucoup commencent à penser à l’après Le Pen, celui-ci ayant déjà annoncé prendre sa retraite certainement après les prochaines élections européennes de 2009.
Une partie de ces cadres rend Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, responsable de l’échec du premier tour avec sa stratégie de “dédiabolisation” du FN. Mais il y a des législatives à venir, et les dissensions ne devraient pas être criées trop fort avant cette échéance.
Toujours est-il qu’il se produira par la suite une redéfinition de la stratégie du Front National, qui devrait organiser un congrès assez rapidement à partir de l’automne prochain. Dans l’état actuel des choses, il est à prévoir qu’une large partie des cadres du parti militera en faveur d’une radicalisation du discours du FN.
C’est une question de survie pour un parti qui reposait jusque là essentiellement sur les épaules de son président-fondateur.






















A corriger :
“un dernier sondahe publié”